Coronavirus – Covid 19

Emmanuelle Soulard m’a écrit sur le Coronavirus Covid 19 :

Ce message vous paraitra peut-être déplacé, mais il me semble important d’informer le maximum de personnes sur ce qui se passe. J’ai beaucoup ri sur l’épidémie du Coronavirus ou covid19, mais les derniers faits m’amènent à changer de ton.
 
Je vous écrits ce mail parce que la situation n’est pas anodine, et parce que la résolution de la crise, sa diminution comme sa durée de vie, va dépendre directement de votre comportement. Nous devons tous être solidaires et exemplaires.
 
Vous connaissez mon passé de scientifique. J’ai aussi travaillé pendant trois ans dans un des plus gros service de réanimation d’Europe. A l’époque, j’y ai vu les épidémies de H1N1 et de SRAS et les dégats qu’elles pouvaient provoquer.
 
Je me suis toujours documenté sur les virus, et le caractère exceptionnel de ce que nous sommes en train de vivre me pousse à vous envoyer ce message. Je ne vais donc vous donner que les informations les plus fiables que l’on peut trouver aujourd’hui à cette heure.
 
Mes sources sont le CDC (center for desease control de Washingtown, un des plus gros centre de recherche sur les virus au monde), l’institut Pasteur, l’Agence Régionale de Santé (pour la France) et le site de l’OMS pour les chiffres internationaux. 
 
Dans ce mail un peu long, je vais vous dire plusieurs choses :
1) Un rappel des faits
2) Ce qu’il faut faire
3) Ce qui va arriver très vite pour vous
4) Ce qui va arriver plus tard
 
cover r4x3w1000 5e5f8e8ca5a71 4 sars cov 2 - Coronavirus - Covid 19

1) Les Faits

On entend tout et n’importe quoi sur le Corona virus covid 19.

Jusqu’à présent, les cas gravissimes imposant la prise en charge en réanimation, étaient limités aux personnes âgées de plus de 70 ans, et atteinte de co-morbidité, c’est à dire de maladies graves AVANT d’être contaminé : patients malades du cœur, diabétiques, ayant des fragilité au niveau respiratoire. En cela, il n’était pas très différent de la grippe saisonnière.

Les faits, c’est que depuis quelques jours, ce sont des patients jeunes qui sont admis en réanimation, entre 20 et 40 ans, avec des atteintes pulmonaires dramatiques, exactement comme pour le SRAS. Toutefois, le Covid19, lui, touche beaucoup plus de monde.

Et c’est là que le bat blesse.  Je vais parler du pays que je connais le mieux, la France, mais la situation est à peu prés pareille partout dans le monde.

Les hôpitaux ont tout à fait la possibilité de soigner ces patients… Tant qu’ils ne dépassent pas un trop grand nombre de cas.
Nous avons sur la France entière à peu prés 5 000 lits de réanimation. Ils traitent les maladies infectieuses, mais aussi les gens post-opératoires, les décompensations, etc… Les vacances de lits en réanimation, en général, en mode de fonctionnement normal, c’est un ou deux lit par service et par hôpital. Pas plus.

Quand on sait que certains CHU régionaux drainent des patients jusqu’à 600 km à la ronde, ça fait très peu de capacité d’accueil.

Pour l’instant, l’épidémie est en phase exponentielle de croissance. Hier, on en était à pratiquement 200 personnes gravissimes sur tout le territoire. Si la progression se maintient comme elle l’a fait jusqu’à présent, il est fort probable que les capacités d’accueil des hôpitaux arrivent à saturation dans les prochains jours.

Ce qui veut dire que les médecins devront faire le choix de qui ils vont sauver.

Pour ralentir cette progression, il faut scrupuleusement faire ce que les autorités de votre pays attendent de vous.

2) Ce qu’il faut faire :

Ne paniquez pas.

Mais prenez vos responsabilités.

C’est votre comportement qui sera décisif pour l’évolution de la pandémie dans votre pays.

La seule chose à faire, c’est protégez-vous et protégez vos proches. Respectez scrupuleusement les consignes sanitaires données par les autorité de votre pays.

Si la Chine a une diminution aussi drastique des cas sur son territoire, c’est que les Chinois ne sortent plus de chez eux. Ce n’est pas le cas des Italiens, où l’épidémie progresse toujours.

Lavez-vous les mains. Évitez les endroits bondés. Faites vos courses l’après-midi, lorsqu’il y a moins de monde. Et pas ce week-end si vous résidez en France. Mieux vaux les petits magasins.

Aucune transmission via des marchandises n’a été rapporté. Y compris celles venant de Chine. Au contraire, le voyage en avion dans les soutes à très faible température tue le virus très efficacement.


Si quelqu’un tousse sur une surface, il faut que vous la preniez en main rapidement pour que le virus soit transmis sur vos mains. Ensuite, il faut porter vos mains à votre visage pour vous contaminer (yeux, nez, bouche). Le coronavirus n’est pas dans l’air. Il est dans les gouttelettes que nous projetons lorsque nous toussons, nous postillonnons.

Ne vous ruez pas dans les magasins pour faire des stocks : vous ne ferez que provoquer la pénurie que vous redoutez.

Repoussez vos voyages, les rencontres que vous devez faire, limitez au maximum les regroupements. Près de 60% des personnes porteuses ont peu ou pas de symptômes. Vous êtes peut-être déjà malade sans le savoir. Ou les gens qui vous entourent.

Ne vous attendez pas à ce que la situation change avec le printemps. Il semblerait que ce virus n’y soit pas sensible (ça reste à confirmer). La Chine communique sur moins de cas depuis quelques jours, et tous issus de personne voyageant. Mais c’est dû au respect scrupuleux des règles de sa population.

Peut-être que l’épidémie ne va durer que 4 à 6 mois. Ou peut-être pas. A ce stade, personne n’en sait rien.

Si vous pouvez travailler de chez vous, n’hésitez pas.

3) Ce qui va arriver très vite

On ne pourra pas éviter de tomber malade. Si on doit l’être, on le sera. Et il n’y a pas de traitement autre que symptomatique, comme pour tous les autres virus. Le vaccin n’existe pas encore, et il ne sera probablement pas disponible avant 2021 au minimum.

Nous ne serons pas forcément tous malades, mais il est très possible que la maladie nous touche, quelles que soient nos précautions.

Être malade ne veut pas dire mourir immédiatement ou finir en réanimation.

Même si on est malade, il n’est pas assuré que la maladie soit grave, chaque patient est différent. Les patients gravissimes ne représentent qu’une petite proportion des gens touchés, environ 14%.
Environ 20% des malades nécessitent une hospitalisation (donc, pas forcément en réanimation).

Ce sont ces patients qui ont besoin de soins et de réanimation. Ils sont nettement plus nombreux et nettement plus graves que pour la grippe saisonnière.

La fièvre n’est pas aussi violente que pour la grippe saisonnière, parfois il y a des atteintes intestinales, et une grande fatigue dans tous les cas, avec souvent des douleurs musculaires. La toux est sèche au début de la maladie.

Si vous ou un de vos proche tombez malade, appelez le téléphone d’urgence :  (le 0800130000 en France. Merci de ne pas surcharger le 15) pour faire évaluer votre état de gravité. Ne vous déplacez pas.

Dans tous les cas, attendez-vous à ce que les restrictions de déplacement durent au moins un bon mois (et très certainement plus que ça)

4) Ce qui arrivera après

La crise sanitaire va se doubler d’une crise économique mondiale. Elle a déjà commencé. Beaucoup d’entreprises vont fermer pour défaut de paiement, à cause des restrictions de flux de populations, à cause des changements de consommation.

Nous ne pourrons pas l’éviter.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.